mercredi 30 mars 2016

Fugacité



Ce sont des moments frêles qui passent vite, des moments qui vous sortent de vous pour vous rendre vivant. 

Il y a la tête qui tourne, les papillons dans l’estomac, l’excitation.

Qu’il s’agisse d’un baiser ou d’un moment inhabituel qui vous dépassent, d’une folie qui nous sort du quotidien, ce que l’on cherche tous c’est d’aller au-delà de nos limites, pour vivre, tout simplement.
Une intense légèreté qui vous parcoure d’un frisson guérisseur, voilà ce que l’on veut tous. Dire qu’on s’en fout, que rien ne compte à part le tremblement de se sentir vivant. Transgresser les règles, transgresser nos propres règles, se moquer de tout et du reste, juste vivre.
On devient ces moments fous le temps qu’ils durent, et après ?

Après…on en veut encore et encore plus pour alimenter notre corps et notre âme de leur adrénaline. Et puis, on tente avec plaisir de les reconstituer pour en extraire la quintessence de ce qu’il en reste. On se raccroche aux détails, on se dit que l’on s’est tellement fait emporter par le tourbillon de l’instant, que les souvenirs visuels ne sont pas nombreux. Mais que reste-t-il alors ? Il reste les autres sens et les autres sensations. Le bruit d’une voix et d’une phrase qui résonne encore et encore. La mémoire du corps, de ce qu’il a éprouvé, la joie, l’excitation, l’envie, le désir, une douce spirale virevoltante, le peau contre peau. L’odorat qui se souvient d’une senteur de garrigue, de l’odeur de l’autre, de la fragrance de l’alcool ou de mets délicieux. Le gout, un des sens les plus charnels, il se rappelle de tout.

Alors, on essaye de recomposer une image éclatée pour en faire un souvenir à part entière, un souvenir qu’on a choisit, un souvenir sans histoire ni déroulé chronologique. C’est un souvenir sensorielle qui nous envahie d’un intense frisson dans tout le corps à chaque fois qu’on y pense. « Alors j’ai fait ça ? oui je l’ai fait, c’était bon ! »
On a un nœud dans l’estomac, mais comme un papillon, un fourmillement qui s’installe, les muscles qui se contractent, et on a hâte que ça recommence…se sentir vivant !

© Paysage..., Mhelaniee, 2015

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lundi 21 mars 2016

Nous aurions pu.

Nous aurions pu aller voir la mer, le soleil qui y finit sa course, nous serrant l'un contre l'autre, en nous murmurant "Que c'est beau!".
Nous aurions pu grimper sur une falaise, nous extasiant de la poésie du monde à nos pieds, criant notre euphorie face au vent.
Nous aurions pu aller faire un tour de grande roue, manger une gaufre, rire comme des gamins et s'essuyer le sucre glace au coin de la bouche, avant de nous donner un baiser langoureux.
Nous aurions pu prendre la voiture pour aller en ville, et puis finalement, au dernier moment, bifurquer sur l'autoroute jusqu'à Barcelone, rouler toute la nuit, et arriver au petit matin à MontJuïc pour contempler la ville qui se réveille.
Nous aurions pu nous retrouver chez toi, nous étreindre toute la nuit, dans toutes les pièces, ne nous arrêtant que pour parler de la vie, nous raconter nos rêves et nos espoirs.
Nous aurions pu aller diner, quitter la table après l'entrée, trop presser de nous étreindre dans l'embrasure d'une porte, nous laissant envahir par la délicatesse du printemps.
Nous aurions pu partir en weekend dans une ville inconnue, nous baladant main dans la main, nous laissant guider par nos pas, les yeux écarquillés, avide de découverte, goutant toutes les spécialités locales.
Nous aurions pu aller à un concert, chanter à tue tête, danser, sortir un briquet, nous embrasser, et rire, toujours rire.
Nous aurions pu partir à l'aventure à l'autre bout du monde, sentir le soleil sur notre peau, la chaleur de l'eau, et nous faire maintes promesses rien qu'en nous regardant, les yeux dans les yeux.
Nous aurions pu savourer une soirée devant un bon film, sous un plaid et profiter de cette proximité  pour que les choses dégénèrent dans un corps à corps sensuel.
Nous aurions pu boire jusqu'à l'ivresse, avoir la tête qui tourne, le sens de l'équilibre troublé, rire aux éclats en essayant de marcher, et se moquer du monde autour de nous, seuls dans notre bulle. 
Nous aurions pu parler à battons rompu de choses sans importance, avoir des débats stériles, ne pas être d'accord, nous engueuler et finir par nous marrer.
Nous aurions pu faire l'amour, partout, tout le temps, sans horaire fixe, sans lieu déterminé.

Nous aurions pu aller à une fête de village et danser au bal jusqu'à la fin de la fête, on aurait bu de la bière, tu m'aurais fait tournoyé, j'aurais aimé l'instant, et je t'aurais peut-être aimé toi...

Tout ceci n'arrivera pas, pas avec toi en tout cas.
Alors, j'avais promis, pas de larmes. J'ai failli.
Toi aussi tes opportunités t'ont emmené ailleurs.
Moi je reste là. Je me dis qu'il faut que j'arrête d'avoir un cœur d’artichaut, ou de rencontrer des garçons biens avec un timing si peu coopératif.
Il faut que je ne pense qu'à moi, que j'oublie la rencontre, la vie avec quelqu'un.
Je n'ai plus la force d'espérer, et puis plus rien.
Ce n'est la faute de personne, ni la tienne, ni la mienne. J'attends juste de savoir ce que le destin me réserve...il doit avoir un plan pour moi aussi, non?

Alors je suis là, je continue à me débattre avec force, je ne lâcherai rien... et j'espère que mon tour finira par arriver.
Je vais travailler avec acharnement. Je vais l'avoir ma belle vie, il n'y a pas d'autre possibilité!

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dimanche 13 mars 2016

En attendant le soleil levant...

Il est parti depuis quelques jours maintenant, et fait inattendu, il me manque! Qui l'aurait cru, pas moi en tout cas. Je pensais que c'était bien qu'il s'en aille quelques jours après que les choses se soient enflammées entre nous. Je pensais que comme ça je prendrais le temps de prendre mon temps, que je pourrais me concentrer sur le reste de ma vie, sur mes objectifs qui se rapprochent de plus en plus. Je me suis dit que ça m'aiderait à compartimenter mon esprit, que j'allais enfin apprendre à m'organiser, à moins m'emballer.



Et bien, dans un sens, j'y suis arrivée. J'étais terrorisée à l'idée de me plonger dans de mélancoliques pensées ressassant nos moments, dans l'inlassable relecture de nos échanges, dans la projection de ce que lui et moi pourrions devenir, et bien, j'ai effleurée ces états mais n'y ai pas plongé. J'ai réussi à ne pas faire de lui mon centre mais mon très agréable à côté, cet à côté qui me fait sourire, qui est comme un rayon de soleil, chaud et doux sur mon visage à travers la vitre quand il fait froid dehors. Il est une douce présence à laquelle je me surprends à penser plus que je ne le souhaiterais, plus que je ne le devrais, mais avec beaucoup de légèreté, ne sachant pas où je vais. Il me manque mais pas dans la douleur, plutôt dans le doux désir de le retrouver pour reprendre les choses là où nous nous sommes arrêter, n'avançant surtout pas sans lui.

Certains diront que je réfléchis trop, que je devrais me laisser aller à l'affection et aux prémices d'un attachement, de manière naturelle et spontanée. Impossible pour moi. Pourtant j'étais comme ça avant. Mon leitmotive était "advienne que pourra" ou le stéréotypique "mieux vaut vivre de remords que de regrets". Et bien maintenant je suis plutôt régit par "prudence est mère de sureté"...ça craint non? où est donc passé mon côté volcanique et brulant, voire tête brulée? Est-ce la vie qui vous abime et vous laisse d'affreuses séquelles? Peut-on revenir en arrière, fuir ses blessures et revenir à soi? Mais dans le même temps, n'est-on pas censé apprendre de ses erreurs? Encore faudrait-il être sûre de ce qu'il faut en retenir! 



Et puis, il n'écrit plus depuis quelques jours. A-t-il changé d'avis? est-il trop occupé? Peut-on être trop occupé au point de ne pas envoyer un texto, un mail? Si on n'envoie rien, n'est-ce pas parce qu'on ne veut rien envoyer? J'ai décidé de raisonner de façon binaire, sans chercher le pourquoi du comment dans un monceau d'hypothèses fumeuses. Maintenant c'est il a envie ou pas envie, c'est possible ou impossible, je l'aime bien ou je ne l'aime pas du tout, il est normal ou taré. Avant ça aurait été, il a peut-être perdu son téléphone, mais peut-être que s'il fait ça c'est à cause de traumatismes antérieurs, je devrais lui laisser le bénéfice du doute... Non, maintenant je ne trouve plus d'excuses à personne, tu es gentil et respectueux ou tu ne l'es pas. Je tranche dans le vif, je ne me perds plus en de moult hésitations qui à part nourrir mes questionnements intérieurs d'angoisses, de perte de sang froid, et d'extrapolations, ne me mènent à rien. 
Alors, j'essaye d'attendre sans me morfondre, dans le calme, parce que je n'ai pas le temps pour être fragile de toute façon. Surtout ni l'envie de douter, ni la force d'avoir mal. Je m'évade ailleurs et autrement, je ne dialogue plus avec des substituts, je lis, je mate des films et je vois les gens, les autres, mes amis fidèles qui me font rire, qui ne me jugent pas, qui me comprennent ou pas, mais qui sont là. Je ris, je sors, je bois, je danse... Le reste, je le jette loin de moi et pour toujours. Je n'accorderais plus une pensée, plus une ligne, plus un mot à ceux qui n'en valent pas la peine. A ceux qui me font mal sciemment, je tire la langue. Je me dis que je ne vaux pas rien même si certain le pense, je m'en contre fou. Je mérite amour et respect, comme chacun le mérite, même les tordus, sauf les méchants.

Je voudrais une fin heureuse, de jolies retrouvailles, peut-être un "tu m'as manqué" de sa part. Je voudrais qu'il m'appelle à peine le pied posé en France, qu'il m'invite à diner, qu'il me raconte son voyage, qu'il diffuse sa bonne humeur et son sourire, qu'il éclaire mon visage. Je voudrais encore de la simplicité, je voudrais qu'il me rassure comme il sait si bien le faire, sans s'en douter. Mais je ne veux pas trop y penser non plus, j'ai trop peur d'être déçue, encore. Alors je vais attendre que le soleil se lève, qu'il revienne du pays du soleil levant, enthousiaste et présent. Et promis, si ce n'est pas lui, s'il s'en moque finalement, aucune de mes larmes ne coulera. Je refuse d'être triste pour qui que se soit. Mon cœur restera passionné, entier, pour l'art, pour la vie, pour mon esprit et sa nourriture, mais pour l'instant prudent avec les garçons. J'ai encore besoin de temps avant de foncer tête baissée dans une histoire mon petit cœur brisé sous le bras... à moins qu'il est des pouvoirs magiques de guérison, qui sait?

En tout cas, il vient d'écrire... plutôt bon signe le texto made in China!


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mardi 1 mars 2016

Rien de nouveau sous le soleil?

Comme une envie de hurler, mais rien ne sort. Putain d’inaction chronique, putain de paralysie du faire, de la mise en route. Je suis là, assise sur mon lit, je pense à toi, et puis à lui et vaguement aux autres. Ils ne sont que des distractions en t'attendant, toi qui ne reviendras jamais. Parti ailleurs, vers une vie à laquelle tu accordes l'entièreté de ton esprit, sans distraction, porté par ton incroyable intelligence. Et tu as raison.

Et moi? Et bien moi, j'attends, juste posée là, incapable de me concentrer, luttant pour ne pas sombrer...encore! Si j'étais moins impatiente, tout serait plus simple. Putains d'exigences.
Et puis finalement, est-ce toi le problème? C'est plutôt moi en fait, moi et ce que je fais de tout ça, moi et ma peur de l'échec que je transforme en crise d'adolescence. J'écoute #Fauve, je me dis que la vie est profonde, que le monde part en couille, qu'il faut que je résiste par tous les moyens, que le monde s'auto-complique. Tu me demanderais d'ailleurs de préciser mes termes. Et ma sensibilité à fleur de peau se repait de tout ça, me plongeant dans une douce, sombre et mélancolique inaction.
Je suis une faille qui ne croit pas à ce qu'elle est et fait tout pour être ce qu'elle ressent être...mais n'est pas. Je voudrais être une version simplifiée de moi-même, une chose qui avance, qui se focalise, qui omet les détails et le reste, qui ne pense plus ni à toi, ni à lui, et ne s'amuse plus des autres, qui se rappelle son objectif. Ma gorge se sert, je suis loin de moi, loin de toi et pour toujours. 

Mais alors, rien n'a changé?

Non, tout à changé. Je me réveille c'est tout. Je suis en colère, contre moi d'abord, contre l'autre, un peu contre les autres avec lesquels je joue... et un peu contre toi. Même si tu m'as rendu à nouveau vivante en très peu de temps, une parenthèse temporelle d'une richesse incroyable, une distorsion qui m'a fait tournoyer. Je voudrais que tous me voient comme tu m'as vu, comme tu m'as dit que tu me voyais. Avec toi je me suis sentie particulière, belle, désirable, désirée, sulfureuse, douce, coquine, intelligente, drôle et un peu chiante et inquiète, comme toujours.
Avec toi j'ai eu le souffle coupé, et en même temps j'ai réussi à respirer à plein poumons, à nouveau. Avec toi, j'ai chantonné sans m'en rendre compte. Avec toi, je me suis dit que finalement la vie était belle.


Voilà, c'est ça qu'il faut que je retienne surtout. Je reprends vie grâce à toi, pas avec toi, mais ça vaut mieux. Le timing c'est important, et nous n'y étions pas! De toute façon, avec toi, j'aurais été incapable de légèreté, et j'ai des objectifs qui me contraignent à éviter toutes passions dévorantes.
Alors, merci à toi, au revoir à l'autre, et merci à lui qui est si gentil et patient, et qui m'apprend à l'être malgré moi. Il va bien s'occuper de moi, au moins pendant un temps, on verra bien où ça nous emmènera. Il me fait du bien, il me fait rire, il me donne envie d'être sensuelle, brillante et rigolote. Il est très beau.

Si un jour tu reviens, fais ça de façon spectaculaire, ne me laisse pas le choix. En attendant, au revoir, sinon, bonne route. Je vais tenter de revenir à ma vie, à un égoïsme positif qui me conservera jusqu'à la fin de ma reconstruction. Je suis si impatiente, comme toujours, incapable de me laisser aller dans la vie avec une simple délectation, sans folie, sans l'exubérance et l'avidité de sensations fortes qui me caractérisent.

Il nous a dit de nous mobiliser sans stress, si j'essayais?

Bien à toi, bien à lui, bien à moi...


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mercredi 30 décembre 2015

Quand est-ce qu'on arrive?

Bonjour à toi cher lecteur.

Me voilà de retour sur le blog. Non les anti-mièvreries de Mhelaniee ne sont pas encore mortes... pas encore.
Il y a des moments dans la vie où je suis dans l'impasse, c'est toujours dans ces moments là que mes doigts me démangent et que le clavier de mon ordinateur m'appelle.
Alors, quoi de neuf? J'espère que vous allez bien, parce que pour moi, c'est un peu la cata. Certains se tourneront vers moi en grognant, l'index pointé dans ma direction, en me disant que comme d'habitude, je noircie le tableau. Peut-être est-ce vrai? Mais bon, on va tout de même faire le bilan afin d'y voir plus clair.
Voilà, je viens d'avoir 31 ans, jusque là, rien de dramatique, le chiffre 30 est digéré depuis l'année dernière. J'ai repris mes études et je suis un master MEEF Arts plastiques afin de devenir professeur d'arts plastiques (logique me direz-vous!). Je me débrouille pas trop mal d'ailleurs. Et je vais bientôt déménager. Bonne nouvelle, certains me diront. Ben un déménagement, c'est toujours à double tranchant. On peut déménager pour une nouvelle vie où il n'y a que ciel bleu à pertes de vue, parce qu'on a des projets plein la tête et le coeur en fête, ou... pour d'autres raisons. Je ne vais pas vous maintenir dans un vain suspens trop longtemps, je pense que tout le monde voit où je veux en venir, dans mon cas, c'est plutôt pour d'autres raisons!

Voilà, Chéri et moi c'est terminé. Après trois ans et demi d'histoire, on se dit au revoir. Alors, par la force des choses, faut que je prenne mes cliques et mes claques et que je les déplace dans un autre appartement. Problème, c'est qu'en plus de rompre, j'ai un concours à préparer, le genre de concours balaise avec un taux de réussite à vous décourager de le passer. Alors déjà que rompre, disons le clairement, c'est la merde, quand vous devez chercher un nouvel appart, réviser le CAPES blanc de janvier en même temps avec une épreuve de 5 heure et une autre de 8, arborer un sourire de façade et lutter pour ne pas vous écrouler, ben c'est pas facile facile. Et puis, en cette saison de noël, au fait joyeuses fêtes, on a plutôt envie de se mater des films, de boire des coups avec les potes, manger de la bûche et des marrons. Des trucs bien plus festifs que l'effondrement intérieur! Tout ça pour dire que c'est pas vraiment simple tout ça. Que les vacances, pour moi, il n'y a rien de pire, que noël ne m'a pas apporté le réconfort escompter et en plus, que dans ce genre de moment, il y a un certain nombre de rats qui quittent le navire. En résumé, cette fin 2015 n'est que marasme, nausée, vomi et décadence.

Même le fait que mes études se passent vraiment bien ne me réjouit pas. J'ai l'impression d'être dans une machine à laver qui tourne, tourne, tourne. Happer par le mouvement, je ne peux que rester là, la bouche ouverte. Alors je m'étais dit, bon, je me laisse quelques jours pour déprimer, et ensuite, tout ira mieux. Que dalle, je tourne encore dans le tambour, l'air hébété, en attendant que cette douleur au creux de l'estomac finisse par me lâcher les basques. Le problème, c'est que je n'ai pas le temps d'attendre que cette connasse veuille bien déserter les lieux. Il faut que je la chasse à coup de pieds, à coup de poing, que je la tabasse pour qu'elle se tire. Problème, je n'ai pas la force. Alors j'essaye de puiser mes forces ailleurs, contemplant la vie de certains amis affectés de plein fouet par la vie et se débattant avec force face à leurs problèmes. Le résultat est pire car voyant leur tenacité, je me dis que je ne suis qu'une faible chose qui s'appitoie sur son sort. Merde, il y a des gens qui se quittent tous les jours et qui vivent quand même. Pourquoi moi je ne suis qu'une chose larmoyante et murée dans le mutisme? Où sont mes tripes?

Il faudrait que je cesse de l'aimer, mais malheureusement ça ne se décrète pas! On s'est quitté parce que parfois, on a beau se battre avec force, l'amour n'est pas suffisant pour que la vie à deux soit possible. Et puis, je suis tellement abîmée! Je sors de cette relation écorchée comme je ne l'ai jamais été auparavant. Je n'ai aucune confiance en moi, je n'ai plus de désir de rien, je suis molle et inerte. Il faut que j'arrête de réfléchir, mais rien n'y fait. Même les plus vieilles méthodes. M’enivrer ne fonctionne pas, sortir avec des potes non plus, mater la trilogie du seigneur des anneaux, non plus, travailler, encore moins puisque je n'y arrive pas... tout fout le camp et je ne vois que le verre à moitié vide.

Je déteste être comme ça, comme échouée regardant dans le vide. Les ruptures ça craint! Et puis, comme j'essaye de me maintenir, genre mais non c'est pas grave, je ne sais pas si beaucoup de mes proches réalisent le poids de cette chose qui s'est logée au creux de mon estomac. Ben oui, moi, j'ai même pas mal.

Alors, je m'arrête deux secondes et je réfléchis, et je me demande si on est pas censé arriver à destination à un moment ou un autre? Merde, c'est encore loin la mer, le sable et les cocotiers? Si à 31 ans je suis encore en train de faire des études, que je n'ai plus de mec et que j'emménage dans un studio, ne peut-on pas en conclure que c'est la loose quand même? N'y ai-je pas droit à une vie cool avec un boulot, des voyages, un mec qui m'aime comme un ouf et beaucoup d'aventures, mais pas du genre "reconstruction de ma vie et de l'estime de moi", plutôt du genre, temple maya/apéro et surf. Je ne sais pas s'il existe un truc qui craint plus que de trouver que sa vie craint un max?
En espérant que déverser un peu de ma tristesse sur ce blog soit le début d'une guérison, je vais attendre le soir du 31 avec impatience pour m'enjayer (ouais, j'ai quand même des potes, ma vie n'est pas non plus qu'un immense océan de loose), m'enivrer et surtout souhaiter que 2016 me permette d'arriver quelque part!
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mardi 24 mars 2015

Les vieux marseillais pas en Thaïlande ni sur w9

Si toi aussi tu es téléphile et que tu es honnête, tu as certainement déjà vu l'équipe des Marseillais qui voyage autour du globe sur W9. Si cela te permet de te sentir mieux, on acceptera le traditionnel "oui je suis déjà tombé dessus par hasard, mais je n'ai pas tenu plus de 5 min tellement c'était inintéressant" et on feindra évidemment d'y croire!
En tant que bonne chômeuse qui se respecte, et qui colle à tous les stéréotypes qui accompagnent ma situation, la télé est devenu ces derniers mois un membre à part entière de la famille. Et c'est sans honte, bon ok avec un peu de gêne tout de même, que j'avoue être une sorte de cliente régulière de la téléréalité. Mais je regarde Arte aussi, si si, je vous jure!
Bref, stoppons là les justifications excessives qui me donnent un air coupable, et revenons-en à nos moutons.

Donc pour ceux qui vivraient sur mars ou qui n'aurait pas la télévision chez eux - oui ça existe et cela force mon admiration tous les jours - , les marseillais sont une bande de joyeux drilles qui ont toutes une série de compétences avérées ou pas, en fonction des candidats, en tant que serveurs, dj's, gogo danseuses, mannequins, fêtards et j'en passe. Ils ont la vingtaine, et même s'ils ne manient pas tous la langue française correctement, la production de W9 envoie ces attendrissants kékés et cagoles aux quatre coins du monde afin qu'ils réalisent leurs rêves, et qu'ils s'embrouillent entre eux. Et au concept, j'ai envie de dire bravo, et j'irais même plus loin en m'adressant directement à W9 et en leur proposant une nouvelle émission.

W9 si tu m'entends (ou si tu me lis), c'est le moment d'être attentif car j'ai pour toi un concept novateur qui te laissera pantois. Comme tu sais, en ce moment, le temps qui est à ma disposition permet à mon esprit de vagabonder et de trouver de brillantes et géniales idées.

Alors voilà, ferme les yeux (pas pratique pour lire) et projette-toi. Imagine un groupe de trentenaire (il parait que c'est la nouvelle vingtaine). Ils sont tous beaux à leurs manière, dedans, dehors et parfois les deux. Les nanas n'ont pas une allure de vieille prostituée ou de couguar sur le retour, mais plutôt une garde robe stylée et élégante. Exit le fluo, le synthétique, les seins refaits et le string apparent, et vive les perfectos, le liberty, la jolie low-boots, et la jupe crayon. Bon si tu insistes, elles peuvent à l'occaz' faire dépasser une fesse ou un bout de sein.
Pour les garçons, des hommes des vrais, ceux qui sentent l'intelligence et le mâle, musclés mais pas bodybuildés, et même, allez on se lâche, à l'allure de type normaux croisés dans la rue.
Et surtout, tout ce petit monde aurait une parfaite maitrise du Bescherelle et un niveau minimum de culture générale. Non Robinson Crusoé n'est pas un personnage de dessin animé Kim!

Et tu sais quoi W9 en plus de ces allures soignés et d'une visible astuce, toute cette jolie bande seraient composé de diplômés qui galèrent à trouver un taf. Des bacs plus 5 en veux-tu en voilà, des thésards, que du gratins studieux.

Parce que W9, je ne sais pas si tu es au courant, mais on est nombreux à avoir besoin d'un coup de main pour trouver un boulot. Nous aussi on veut parcourir le monde et qu'on nous propose des jobs en or. Alors si tu as endossés le rôle d'agence pour l'emploi pour certain marseillais, n'hésite pas à le faire pour d'autre, c'est ça l'égalité!
Mais toi non plus NRJ 12, tu n'es pas en reste. Je m'adresse aussi à toi. Car toi aussi tu joues les agents pour des personnages issues de téléréalités. Je n'ai pas fais de téléréalité certes, mais si tu veux, je peux te dire que je galère également, et même si tel Mischa je n'ai pas envie de me réinterpréter pâtissière (j'ai des amis qui le font très bien pour moi, n'est-ce pas l'équipe des Ô délices de Brice), j'ai tout de même envie de m'éclater professionnellement et de partir en voyage autour de la planète dans une sublime maison.

Alors voilà mon CV si jamais l'idée vous intéresse. Je suis diplômée de deux masters, un en arts plastiques, l'autre en management culturel. Je galère depuis la fin de mes études à trouver un emploi stable rémunéré convenablement. Entre les CUI/CAE payés au SMIC horaire et les promesses d'avancement se résumant à un CDD classique, on peut pas dire que ça a été le Pérou. Ah j'allais oublier la précarité que j'ai connu, et que je connais encore. La précarité, avec des boulots mal payés et des périodes de chômage longue durée depuis la fin de mes études en 2011. Oui c'est ça, ça fait seulement 4 ans et déjà un beau palmarès. Je gagnais mieux ma vie quand j'étais caissière pendant mes études!

Donc, chères chaines de télévision, sachez que si vous réalisez "Les Anges sur-diplômés" ou "Les Marseillais qualifiés", je suis sûre que vous trouverez votre public et que vous ferez de l'audimat vu le nombre d'entre nous qui galère sévère. Il y a pas de raison, je suis certaine que vous êtes capables de vous dépasser, et de trouver des supers boulots à de pauvres sur-diplômés comme nous, les trentenaires de la génération Y.
Pour l'occasion je veux bien employer le mot "kiffer" à toute les sauces, et dire "c'est la chouma frère!" dès que la prod' me le demandera. J'ai grave le mentale pour décrocher tout contrat de chargée de communication que vous me proposerez, en Thaïlande, où j'ai fait mon stage de fin d'études d'ailleurs, à Rio ou dans tout autre pays exotique. Je suis pas difficile.
Je suis même prête à partir en survie sur Kho Lanta comme les marseillais. Et vu que je suis en survie depuis la fin de ma vie étudiante, j'ai de l’entrainement, pas besoin d'appeler Moundir à la rescousse.

Pour le casting, chères W9 et NRJ12, je vous promets un grand nombre de participants, et je vous propose, comme c'est moi qui vous ai soumis l'idée, que vous me réserviez une place de sûre dans vos émissions. Allez trinquons à nos futurs succès, champ' et bises au programme.

PS: au cas où, j'ai pas précisé, mais j'ai un bon tour de poitrine, et en plus, c'est pas des faux!


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mardi 10 mars 2015

Chômage et BN

Voilà, je suis au chômage depuis le mois d’août.
Que dire? Du temps, du temps et encore du temps devant moi, et pourtant, tant de perplexité paralysante.
Comment sortir de cet état de néant? Je voudrais arrêter de me plaindre et de me questionner sans fin sur tout un tas de sujets dont je ne trouverais certainement pas la réponses en regardant Un jour une histoire de façon quotidienne! (je caricature légèrement.)
La télé, cette amie qui ne pose jamais de question, qui emplie toujours la pièce d'un ronronnement rassurant, qui s'empare de votre matière grise, la met au repos et le temps d'un instant vous fait oublier vos problèmes. Je me sens comme une alcoolique de la télévision. Il me faut ma dose d'histoires bateau aux happy end quasi systématiques pour me sentir bien. Mais évidemment ça ne dure jamais longtemps, et comme tout bon alcoolique, il me faut un nouveau shot. De cette façon là, les journées passent sans moi.
Et pourtant, la télévision n'est en rien ce que je désire. Je voudrais vivre, vivre plus que de raison, exploser de projets, remplir d'une avidité sans borne mes journées avec de la création tout azimut et tout support.


J'ai fait un constat, le marché du travail ne me veut pas. "Vous avez un profil trop atypique" "Vous êtes une femme de 30 ans, vous voulez des enfants?" " Un Master Recherche en Arts Plastiques? C'est possible la recherche en Arts Plastiques?" Quelques soient les raisons, la finalité est la même, non Mhelaniee, à moins de monter ta boîte, tu ne seras pas chargée de communication.
Voilà une certaine frustration qui se met en place, surtout quand on est sûre qu'on aurait pu faire l'affaire. Les courbettes, c'est pas mon style. La recherche d'emploi, visiblement, c'est pas mon fort. Alors quoi? Ben il y a tout ce temps à tuer, et cette reconversion à trouver.
Incroyable, mais j'ai trouvé: je serais professeur d'Arts Plastiques, cette matière qui me passionne.
Je me suis donc inscrite au CNED, je prends des cours de dessin pour évacuer la rouille de mon crayon, je vais à des ateliers plastiques une fois par mois pour retrouver le modjo des arts. Et puis? Et puis, plus rien.

Certains pensent à de la paresse, mais moi je connais la vérité. Tout ce temps devant moi, tout ce vide et toutes ces journées à organiser. Je me sens comme face à l'Everest mais au moins un million de fois plus élevé. Je me sens comme devant un désert de sel, toute petite et détonnant sur la blancheur du sol, perdue et pas à ma place, désemparée devant toutes ces possibilités de vivre ma vie qui s'offrent à moi. Et puis, il y a toute cette solitude que je ne supporte plus. Cette impression de décalage chronique avec le reste de la population. Je suis comme spectatrice de ma vie qui défile. Et plus je suis seule, moins j'ai envie de voir du monde, de voir ces intrus qui s'inviteraient de manière inopinée à mon frénétique programme télévisé, mes infusions d'après-repas et mes BN.
Mais comment faire pour me réanimer avant que je ne finisse épileptique et obèse? comment faire pour trouver la méthode qui fera que je m'assiérai sans crainte face à mon bureau, face à mon ordinateur ou mes toiles?
Quelqu'un m'a dit que je possédais tous les outils pour sortir de cette impasse. Vraiment? J'aurais aimé qu'il aille plus loin et me les nomme. C'est toujours le flou. Je me débats corps et âme pour sortir de ce mutisme et que ma vie s'anime à nouveau. Je fais une demie heure de vélo d'appartement tous les jours et une demie heure d'abdos. C'est mon dernier rempart avant l'obésité.
Sinon, j'ai du temps, j'ai du temps, j'ai du temps. Voilà mon nouveau lite motive. J'ai ce qu'il y a de plus rare en ma possession, et je ne sais pas l'utiliser correctement. Le temps, c'est la clé et c'est l'angoisse à la fois!
Il faut que je sorte du cercle des goûters BN devant les reines du shopping, que je me laisse envahir par ma créativité que je crains tellement. Je serais cette personne, celle aux milles projets, celle qui avance, celle qui envoie se faire foutre cette putain d’inactivité, celle qui a toujours un truc à dire sur ses projets fous. Parce que le pire dans tout ça, c'est que j'en ai à la pelle des projets, tellement, que je ne sais pas par où commencer.

Alors, voilà, nouvelle résolution, on arrête de rêver et on fait! Je lui ferai la peau à ce flottement dans lequel je suis prise depuis bien trop longtemps. Et puis, j'arrêterais de culpabiliser. Je vais vivre la vie, la vraie.


Bisous à toi mon chaton. Et si toi aussi tu te trouves dans un certain désarroi, écris moi, à nous deux on trouvera peut-être une solution, c'est sûr même!
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