samedi 27 août 2016

liberté sexuelle et angoisse amoureuse

Alors voilà, force est de constater que dans le monde actuel, le célibataire lambda ne manque pas d'outils pour mettre fin à sa solitude. Elles sont nombreuses les applications où grâce à un profil mûrement réfléchi ou à peine construit, on peut mettre notre célibat en ligne, comme un produit de supermarché, pour chercher la rencontre, ou, pour les plus ambitieux, le grand amour. Évidemment, pour les plus old school, il reste également la bonne vieille méthode de la saoulerie dans un bar ou dans une soirée en rooftop ou en pleine air, c'est l'été, ne l'oublions pas. Mais alors voilà, peu importe comment la première prise de contact a lieu, la question est: mais pourquoi faire?

Si le choix de supports de rencontre est grand et les moyens variés, ce qui m’interpelle c'est que la suite que l'on va donner à tout ça, est souvent laborieuse. En effet, si vous souhaitez une rencontre pratique vous débarrassant des toiles d'araignées de votre activité sexuelle, c'est très simple. Un match sur Tinder ou Happn, ou une cuite dans un bar non loin de chez vous suffiront à pourvoir à vos besoins. Pour les plus désespérés, sortez jusqu'au bout de la nuit, il y zone tout un tas de personnes en rute comme vous, restées sur place à la recherche du compagnon qui leur évitera de rentrer se coucher seules dans leur grand lit vide...malheureusement, on ne garanti pas la qualité de ceux qui trainent leur guêtres là! Bref. Mais en ce qui concerne l'aboutissement de ce choppage dans les règles en quelque chose de plus sérieux, vous pouvez vous lever tôt. Car au matin, ou pire encore, juste après le coït, nombreux sont ceux, fille ou garçon, qui prendront leurs jambes à leur cou, désertant le paysage après avoir obtenu relative satisfaction. Qu'arrive-t-il aux célibataires de notre génération, et plus encore, que se passe-t-il avec notre rapport à l'amour? En tout cas, il est visiblement plus aisé de dévoiler son anatomie dans ce qu'elle a de plus privé, ticket de métro, intégral ou pantoufle, que ses sentiments. Ou encore, plus facile de demander si la personne pratique la sodomie et l'éjaculation faciale que de dire je t'aime...perplexité.

J’élargis donc mon questionnement à l'amour en général, pas uniquement à l'amour des célibataires. Car, que se soit dans les bars ou sur les sites de rencontres, j'ai pu constater que l'homme ou la femme mariés semblent eux aussi faire n'importe quoi avec cette question d'amour. Insatisfait de leur vie conjugale, pour des raison de sexe ou d'amour, de lassitude du quotidien ou de mauvais choix, la confusion est grande, et le départ pour la solitude rarement adopté. Du coup, ils n'ont pas peur de troquer la fidélité pour le grand frisson de la multiplication sexuelle, au dépend de leur moitié ou la tentative d'arranger les choses. Tout le monde se côtoient donc dans un joyeux marasme dont la finalité est de chopper, et non plus de découvrir l'autre pour du "plus si affinité", pour, utilisons les grand mots, tomber amoureux.

J'ai vu l'autre jour un documentaire, ou un film, je ne me rappelle plus de la source, où une femme disait "ma grand-mère dit que nous avons gagné la liberté sexuelle mais perdu le droit à l'amour".
Qu'est-ce qui nous arrive? L'amour terrorise. Il semblerait que nous ne soyons plus capables du moindre attachement. Comme si finir la nuit dans l'urgence d'un partenaire glané sur la route était immuablement plus grisant. Soyons sérieux, la récompense s’évanouit rapidement de nos souvenirs, et n'est pas si gratifiante que ça pour notre sécurité.  Mais qu'y a-t-il de si effrayant dans le sentiment amoureux? De plus terrorisant que la consommation sans limite de sexe sans lendemain? L'amour semble être perçu comme une prison, un enfermement et non comme une formidable liberté offerte  d'être nous même avec la personne aimé. Du coup, il terrasse les plus audacieux.

Alors, avons-nous peur de rater la bonne personne ou sommes-nous des putains d’égoïstes incapables de la moindre concession? A-t-on perdu le sens de l'amour, ou nous aimons nous trop nous-même pour être capable d'aimer quelqu'un d'autre? Cherchons-nous à être flatté, vaniteux que nous sommes, s'assurant que l'on plait toujours en accumulant les conquêtes? Certains diront qu'ils ont trop souffert et que donc, à ce compte là, ils ne veulent plus prendre le risque d'avoir le cœur brisé. Je ne sais pas si cette angoisse est légitime ou non, en tout cas, je la comprends. Mais alors, nous voilà dans un terrible système où un gros chat se mord la queue. En effet, si par peur d'aimer, par volonté de préserver son petit cœur, on passe notre temps à rejeter tout le monde, alors on contamine la personne rejetée qui, à son tour, construira un mur infranchissable entre elle, son cœur et l'autre pour ne plus à son tour, éprouver la sensation d'être rejetée... Le système est donc en lui-même une faille. Nous devenons alors des choses molles incapables de prendre le moindre risque. A notre époque où les sports extrêmes sont en pleine explosion, où tout le monde recherche le grand frisson, l'adrénaline et le reste, nous sommes prêts à mettre notre corps en danger mais pas notre cœur. Étrange non?

Je voudrais être à même de proposer une solution, et pourtant je n'en ai pas. Mais voilà je trouve que tout ça ne prend pas la bonne direction. Et si nous avions toujours cru savoir ce qu'était l'amour alors que non. Je m'explique. Il n'y a pas si longtemps, et encore aujourd'hui dans certains coins du monde, les mariages étaient arrangés. Alors on se retrouvait avec une personne que l'on n'aimait pas, que l'on n'allait peut-être jamais aimer, mais comme c'était pour tout le monde pareil, l'amour chevaleresque revêtait un aspect légendaire, comme le mouton à cinq pattes. On ne pouvait que l'imaginer sans le ressentir par tous les pores de notre peau, l'envisageant grandiose. Certains se sont rebellés en disant, non mais nous aussi on veut y avoir droit. Mais avoir droit à quoi. A un sentiment préconisé dans Tristan et Iseult, le respect de la dame, l'amour chevaleresque et de l'ordre du sacrifice, pour les cas extrêmes, celui de Roméo et Juliette. Ou le pensant comme l'amour inconditionnel coulant de sources des comédies romantiques, qui engendre les déclarations d'amour dans un jardin public que tout le monde applaudit, ou la traversée du globe pour une course au ralenti se terminant par un câlin virevoltant des deux protagonistes. Peut-être que comme on ne voit que des images d'amour submergeant, du domaine du coup de foudre, censé nous frapper en plein cœur, on n'a plus la patience d'attendre de connaitre la personne. On commence par une baise et on se dit que si rien ne nous envahit à part un pénis, une langue ou une poitrine opulente, ça ne vaut pas le coup d'être vécu. Mais je pense que ce ne sont pas les bonnes raisons. Je pense que la plupart des gens sont trop égocentriques pour tenter de comprendre l'autre, de l'écouter, de faire un effort pour s'aimer tout simplement. Et puis, il y a une question de timing, d'écoute de soi qui nous conduit parfois à des crises existentielles propres, nous enfermant dans notre nombril.

La recette serait-elle alors la suivante: une ouverture à l'autre, une acceptation de notre peur de souffrir, une force de caractère qui nous pousserait à remettre ça la fois suivante. Arrêter de tergiverser et se jeter à corps perdu en se disant qu'au pire on se fourvoie. Être suffisamment fort pour ne pas céder à la peur de la solitude, et éviter de s'embarquer dans une relation irrémédiablement vouée à l'échec. Préférer être seul que mal accompagné. Savoir qui on est, et cibler ce qu'on attend de l'amour plutôt que de subir la volonté de l'autre. Arrêter d'envisager le sexe comme un but à atteindre mais plutôt comme un moment partagé avec son corps certes, mais dans un échange qui fait tournoyer notre cerveau à en faire perdre la tête. Le sexe n'est-il pas meilleur avec un être aimé plutôt qu'avec Pierre, Paul, Jacques et Marguerite (ensemble ou séparément selon les gouts de chacun) dont on ne se souviendra d'ailleurs pas du prénom au petit matin?

L'amour, ou du moins son chemin, c'est la confiance en l'autre, de la simplicité, du non stress du réveil du lendemain, du petit déjeuner en toute quiétude parsemé de rires. On ne se pose plus la question du "va-t-il rappeler demain?" ou "mais pourquoi il appelle pas?". Finalement l'amour c'est simple, c'est entier, ça coule de source, ça se vit pas à pas, parfois c'est périlleux mais ça peut marcher à condition de s'en donner les moyens et surtout de commencer. Je ne sais pas vous, mais moi quand je m'imagine à 80 ans, si tenté que j'y arrive, je vois bien un papy aux cheveux blancs à côté de moi dans la véranda (les personnes âgées ont toutes des vérandas!), plutôt qu'un chat que j'aurais appelé Roger comme unique compagnon! Donc liberté sexuelle d'accord, mais à deux (ou plus, n'oublions pas les poly-amoureux) c'est mieux, surtout s'il y a des paillettes d'amour avec.


Le sexe sans lendemain n'est pas à jeter aux ordures, et je ne juge en aucun cas ceux qui le pratique. Mais sachons entrevoir d'autres possibilité. On peut, par exemple, commencer par cesser d'avoir peur, en prenant notre temps...






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samedi 23 avril 2016

Face au vent...

Il y a ces périodes où on se partage entre la boulimie de vivre et des angoisses existentielles qui nous plongent dans de drôles de phases tristes. Ce sont ces périodes où on passe en un instant des larmes aux rires. Ces moments d'absence alors que l'on est entouré des siens. Ces colères au fond de nous. Ce viscéral sentiment d'injustice, d'énervement ou de haine qui nous habite malgré nous, et qui rencontre nos euphories passagères.

Et puis, comme une bénédiction, il y a ces petits moments qu'on n'a pas vu venir et qui n'ont l'air de rien. Pourtant, ils vous font autant vous sentir vivant qu'ils vous guérissent, pour de vrai.


Un soir, comme ça, où vous craignez l'ennui, vous êtes à la terrasse d'un bar avec vos amis, en priant presque pour que la soirée ne soit pas encore la même, que la folie s'empare de votre joyeuse bande, que la surprise vous attende au détour d'une route, que l'ivresse vous mène jusqu'à l'incroyable. Vous avez envie de sortir de vous, de vous catapulter dans une aventure aventureuse et pleine de péripéties. Votre angoisse de l'ennui vous paralyse presque, vous devenez pressant, votre verre de rosé à la main. "Alors, on fait quoi ce soir?"

En face de vous, ça traine les pieds, ça ne sait pas, et ça s'en fout. "On verra bien."

On verra bien... l'idée est si séduisante. On verra bien... vous aimez ça. L'imprévu semble s'inviter à votre table. Alors on boit un autre verre pour célébrer ça, puis deux, puis quatre, puis... "Allez, on bouge?" "Allez, on bouge!"

On monte dans un énorme pickup, on met la musique à fond et pour peu que ce soit du rap, on a l'impression d'être 50 cent. On danse dans la voiture, assis, juste avec les bras, on chante, on rit, on se chamaille pour le choix de la musique, on rit encore. Ce moment en voiture est délicieux. On retrouve des vieux réflexes. On se traite de con pour rigoler, on se vanne, mais on sait bien que derrière chaque réplique, c'est autant d'amour que l'on s'envoie, comme une fratrie soudée. On se connait depuis tellement longtemps déjà. On a grandi ensemble, et ça, rien ni personne ne pourra le changer.

On arrive au resto, la voiture rentre un peu fort dans le parking, on manque de percuter une voiture garée. Un chat nous regarde d'un air mi-perplexe mi-effrayé. On lutte un peu pour descendre de la voiture, parce qu'elle est haute, et parce qu'on est saoul. Cette douce ivresse désinhibe nos sentiments, nous fait nous sentir complice, encore plus que d'habitude, et nous met en joie. Je suis comme dans une bulle avec vous. Lorsqu'on pousse la porte du resto, tous les regards sont sur nous. Notre entrée fracassante à toute vitesse sur le parking n'est pas passée inaperçue...mais on s'en fout. On s'arrête au niveau du bar, nos pas vacillants. "On reprend un verre?" "Et ma foi, quelle question, on reprend un verre!"

On fume des clopes, on boit des bières, encore et encore, on parle de tout et de rien, on s'envoie des pics, on rit, on débat sur le menu, on mange, on se vole des frites dans nos assiettes, on se dit "comment tu m'as volé une frite?", il y a ceux qui finissent, et ceux qui donnent leur assiettes aux autres, on plaisante avec la serveuse...on est bien! On boit un dernier verre au comptoir, on n'a pas envie de rentrer. On a des idées de génie comme un concours de mangeurs de saucisses prévu pour cet été. "On fait quoi?"

Et là, un de vos amis vous fait un cadeau formidable. Il vous emmène dans son coin, celui qu'on a tous. Cet endroit où on va quand on a un truc a fêter, ou qu'on veut méditer sur la vie, ou qu'on a un coup de mou et qu'on a besoin de reprendre un peu d'énergie.


La route est sinueuse, la voiture semble connaitre le chemin, on boit nos bières, on chante, on remue, on lève les bras, on se sent vivant. Et puis là, tout à coup, la vue est à couper le souffle. Les lumières des villages se déploient à nos pieds, comme un tapis parsemé de tous petits points brillants. Il fait écho au ciel étoilé qui scintille, il n'y a pas de nuages. Le panorama s'étend sur toute la vallée. Le moment est incroyable. On descend de voiture, la musique du poste résonne. Comme on est saoul, on prend garde de ne pas tomber dans le vide. On est presque solennel face à tout ça, face à ce "tout ça" qui nous submerge. Il y a du vent, il fait froid mais on s'en moque. C'est si bon d’être ensemble. Entre nous c'est pour toujours, dans les joies comme dans les peines, on est là, on est là ensemble. Alors, on crie face au vent chacun notre tour, on crie tout ce qu'on a sur le cœur. On crie notre colère, notre tristesse, on se décharge d'un fardeau pour ne garder que l'effervescence de cette soirée. Le vent semble emporter aux loin nos mauvais sentiments qu'il fait disparaitre dans l'immensité du ciel étoilé. On ne garde que les rires et la sensation qu'on peut tout se dire. Même si parfois on n'est pas tendre entre nous, au fond on s'aime, et ça pour toujours! D'ailleurs, je n'aurais pas pu crier face au vent avec d'autres que vous, hurler si fort avec tant d'émotion et de vérité sans avoir peur d'être jugée. On s'écoute crier, on se rassure, on se dit qu'on dit n'importe quoi et que c'est sûr, tout va bien aller. Chacun y va de son exemple, de son expérience, de sa théorie, ou de sa pensée philosophique teintée d'alcool. Évidemment, il y en a toujours un qui a froid et qui semble faire un peu la tête, mais c'est ça aussi d'être avec vous, c'est imparfait mais vrai. Chacun fait ce qu'il veut, même la tronche.

On remonte en voiture, on philosophe encore un peu. La bière a alourdi nos corps et nos esprit. Est-ce d'avoir tant crier que nous sommes épuisés. Ou est-ce l'alcool qui nous enivre presque jusqu'au sommeil? Dans tous les cas, je me sens bien, le cuir de la banquette arrière est moelleux. La voiture démarre, elle ronronne pour moi. La musique a changé, elle est douce. On ne parle plus, on a trop parlé peut-être, trop dit. Je me sens bien et je m'endors sur le trajet du retour. Je suis en sécurité avec vous.




Depuis, tout va tellement mieux. Criez face au vent avec vos amis, ça vous guérit.






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vendredi 1 avril 2016

Typologie des mythos Tinder

Alors voilà, j'avais promis, j'avais dit plus jamais au grand jamais, plus de relations, plus de mecs, il n'y a que le concours qui compte...mouais, j'ai pas tenu parole. On pouvait s'en douter!
Alors, j'ai réactivé mon  compte Tinder afin de combler mon ennui.

Donc Tinder, pour ceux qui vivrait dans une grotte ou au fin fond de l'Alaska, c'est une application de rencontres. On s'accorde que ceux qui vont sur Tinder ne recherchent pas forcément clairement le grand amour, mais plus la rencontre, et on verra bien. Il y a tout un tas de profil qui apparaissent sur l'écran de votre smartphone, et on glisse son pouce à gauche pour nexter, et à droite pour liker. Après on voit tout de suite, ou on attend avec impatience de voir si ça matche ou pas. Quand il y a match, vous pouvez commencer à discuter avec l'heureux élu par messagerie instantanée. Le soucis est que cette frénésie du pouce peut vous faire rater des occasions ou au contraire vous faire liker malgré vous. Et sur Tinder, comme dans la vraie vie, il n'y a pas que des cadeaux...
Évidemment, je me suis prise au jeu, et j'ai testé et adopté Tinder. J'y vais, j'en reviens, j'y retourne.
Et puis, je l'ai abordé de manière sociologique, et j'ai voulu, pour vous, déblayer la jungle Tinder. Je vous propose donc, novices ou utilisateurs réguliers, en me basant sur mes expériences, un petit guide d'aide permettant de sélectionner vos futurs cruchs et de débusquer les mythos.


Le mytho photo

J'ai eu le malheureux plaisir de rencontrer C. Sur sa photo il était chou, en mode jolies lunettes de soleil, sourire charmeur. J'ai liké, ça a matché, on a discuté et décidé de se rencontrer. Arrive le jour du rendez-vous, et là... le drame. La ressemblance entre la photo et la réalité était équivalente à la distance à parcourir entre la France et l'Australie, à savoir quasi nulle! Je ne sais même pas comment j'ai fait pour le reconnaitre... ah oui, il était le seul sur le lieu du rendez-vous. Moi qui culpabilisais d'y aller légèrement éméchée, c'est ce qui m'a sauvé! C'est pas que je sois superficielle, mais le physique, ça compte quand même, il faut qu'il y est attirance. Mais j'aurais dû me méfier, les signes étaient pourtant là!
Finalement, le mytho photo se débusque facilement. Si vous voulez éviter les mauvaises surprises niveau ressemblance photo/réalité, il y a quelques règle à adopter. Si le mec n'a qu'une seule photo de profil...ça sent le roussi. Si en plus, il ne cadre que la moitié de son visage, qu'il porte des lunettes de soleil, ou qu'on le voit de loin, le signal d'alerte doit s'allumer. Certains garçons sont encore plus périlleux et douteux, comme ceux qui postent des photos de célébrités comme Medhi qui a le doux visage de Brad Pitt...fuyez. Et puis, il y a abdos man qui utilise une photo de ses tablettes de chocolat en guise de photo de profil. Moi je dis, quand il n'y a pas la tête c'est louche, et au delà de ça, c'est comme si vous postiez une photo de vos seins...c'est juste bizarre!
Alors on retient: pas de photo de profil unique, pas de lunettes de soleil, pas de moitié de visage, pas de buste sans tête, aussi alléchant soit-il, et pas de célébrités, et vous devriez éviter le pire! On évite également les photos floues, prises de loin, avec des potes sans savoir duquel il s'agit, et tout cliché suspect qui vous laisse une impression d'indiscernable. On regarde bien toute la série de photos, beau sur une, moche sur l'autre, c'est toujours le moche qui l'emporte!



 Le mytho fantasme

Bon alors le mytho fantasme a le mérite de jouer carte sur table assez rapidement. Sa première ou deuxième phrase dans le fil de discussion sera en général "Je vais réaliser tous tes fantasmes!" Il lance ça comme ça, avec aplomb. Il croit à ce qu'il dit, et suppose que vous êtes sur Tinder pour vous prendre un coup vite fait bien fait, n'en pouvant plus de désir pour tous ces inconnus... Perplexité! Alors en quoi est-il un mytho puisqu'il annonce la couleur directement. Parce que qui nous prouve qu'il sera appuyer sur les bons boutons pour nous faire décoller direct vers le septième ciel? Vous connaissez le proverbe "c'est pas ceux qui en parlent le plus qui en font le plus." Alors je reste méfiante, et par expérience, je peux vous dire que c'est un dicton tout à fait vrai. On est pas à l’abri d'un gars qui fait sa petite affaire en moins de 30 secondes (véridique), ou qui est munie d'un engin inefficace, mi-mou, ou alors aux envies de domination vraiment pas alléchantes, que même une chienne, femelle du chien, n'accepterait pas. Alors, si jamais vous acceptez la proposition, il est probable que vous sentiez monsieur s'écrouler sur vous dans un râle salvateur, pendant que vous, vous restez là sur le dos à compter les fissures du plafond ou les moutons de poussière au sol (chacun ses préférences), complètement incomblée. Qu'on se le dise messieurs, avant de vendre la peau de l'ours, appliquez-vous. Apprenez comment fonctionne une femme, et son corps...je vous assure que quelques cours de soutient ne feraient pas de mal à certains. La vie n'est pas un film porno.



Le mytho voyageur

"Écoute bébé, je suis exceptionnellement dans le coin, j'habite pas vraiment ici/ je dois partir en déplacement pour le boulot/ mes ambitions m'attendent ailleurs." Le mytho voyageur est un gars qui n'assume pas le fait qu'il ne cherche rien de plus qu'une joyeuse partie de jambe en l'air. Il va vous dire que vous êtes belle, qu'il ne peut rien promettre mais qu'avec vous c'est différent. Alors, tout dépend de ce que vous recherchez, mais si vous voulez une rencontre que vous voulez approfondir, ne perdez pas votre temps avec cet être insaisissable qui ne se fatiguera pas pour vous accorder de son temps. Parfois le mytho voyageur est juste un voyageur, et il arrive qu'il est vraiment envie de vous voir, vous revoir et vous re-revoir...à vous de voir si vous êtes prête à prendre le risque ou pas.



 Le mytho fantôme

C'est bon, vous l'avez vu lui. Il vous plait, ses photos sont chouettes, sa description est marrante, il a l'air d'un garçon très sympathique. Vous likez, et vous matchez. Cool, vous sentez l'excitation au creux de votre estomac. Et bien ne vous réjouissez pas trop vite car votre relation se limitera uniquement à ce match. Il ne vous parlera jamais. Comme vous êtes une fille, vous attendez un peu qu'il s'exprime, il ne le fait pas, vous prenez sur vous, vous prenez l'initiative d'un premier "salut", d'une petite blagounette pour vous rendre intéressante...il ne répondra jamais. Le mytho fantôme est uniquement là pour tester son pouvoir de séduction, et restera muet. Le plus drôle c'est que quand comme moi, vous êtes sur l'appli, puis en partez régulièrement, avant d'y revenir, vous allez recroiser son profil. Donc pour le fun, vous likez à nouveau, vous matchez à nouveau...et toujours rien! Le mytho fantôme n'est qu'un bellâtre que vous n'approcherez jamais. Ne soyez pas triste, vous vous serez au moins rincé l’œil sur ses photos.



Qu'est-ce qu'il y a à retenir de tout ça? Et bien messieurs, arrêtez de mentir, c'est la meilleur façon de tomber sur la personne qui vous correspond, et c'est la meilleure façon de nous éviter de perdre du temps. Pourquoi mentir à part pour faire subir aux deux parties des complications. S'envoyer en l'air est-il un but ultime à atteindre? C'est marrant, c'est grisant, mais après, que reste-il à part le vide qu'il y avait déjà avant? Alors il faudra recommencer. Et puis n'oubliez pas, il y a toujours une question de karma, et qui dit que la prochaine fois vous ne tomberez pas sur une fille qui vous piétinera le cœur et l'âme. Ne faites pas aux autres ce que vous n'aimeriez pas qu'on vous fasse.

Et je me permettrais d'ajouter quelques remarques. La phrase de description sur votre profil qui dit "on dira à ton père qu'on s'est rencontré au musée/théâtre/ à la piscine/ au parc", elle est marrante la première fois qu'on la lit, mais sachez que vous êtes au moins 50% à l'utiliser. Et en fait ça fait vite gros lourd. La photo de profil prise en voiture...pourquoi? elle est tellement systématique que ça en devient intrigant sur le rapport que vous entretenez tous avec elle. Enfin, les photos prises avec des tigres drogués en Thaïlande, des singes en captivité, des boas, pythons et autres bêtes exotiques...ça fait rêver que vous, certainement pas nous.

J'espère que vous y voyez un peu plus clair maintenant sur cette application de notre génération 2.0. On vous laisse jouer du pouce en toute quiétude. Likez, dislikez comme bon vous semble, maintenant vous êtes prévenus!








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mercredi 30 mars 2016

Fugacité



Ce sont des moments frêles qui passent vite, des moments qui vous sortent de vous pour vous rendre vivant. 

Il y a la tête qui tourne, les papillons dans l’estomac, l’excitation.

Qu’il s’agisse d’un baiser ou d’un moment inhabituel qui vous dépassent, d’une folie qui nous sort du quotidien, ce que l’on cherche tous c’est d’aller au-delà de nos limites, pour vivre, tout simplement.
Une intense légèreté qui vous parcoure d’un frisson guérisseur, voilà ce que l’on veut tous. Dire qu’on s’en fout, que rien ne compte à part le tremblement de se sentir vivant. Transgresser les règles, transgresser nos propres règles, se moquer de tout et du reste, juste vivre.
On devient ces moments fous le temps qu’ils durent, et après ?

Après…on en veut encore et encore plus pour alimenter notre corps et notre âme de leur adrénaline. Et puis, on tente avec plaisir de les reconstituer pour en extraire la quintessence de ce qu’il en reste. On se raccroche aux détails, on se dit que l’on s’est tellement fait emporter par le tourbillon de l’instant, que les souvenirs visuels ne sont pas nombreux. Mais que reste-t-il alors ? Il reste les autres sens et les autres sensations. Le bruit d’une voix et d’une phrase qui résonne encore et encore. La mémoire du corps, de ce qu’il a éprouvé, la joie, l’excitation, l’envie, le désir, une douce spirale virevoltante, le peau contre peau. L’odorat qui se souvient d’une senteur de garrigue, de l’odeur de l’autre, de la fragrance de l’alcool ou de mets délicieux. Le gout, un des sens les plus charnels, il se rappelle de tout.

Alors, on essaye de recomposer une image éclatée pour en faire un souvenir à part entière, un souvenir qu’on a choisit, un souvenir sans histoire ni déroulé chronologique. C’est un souvenir sensorielle qui nous envahie d’un intense frisson dans tout le corps à chaque fois qu’on y pense. « Alors j’ai fait ça ? oui je l’ai fait, c’était bon ! »
On a un nœud dans l’estomac, mais comme un papillon, un fourmillement qui s’installe, les muscles qui se contractent, et on a hâte que ça recommence…se sentir vivant !

© Paysage..., Mhelaniee, 2015

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lundi 21 mars 2016

Nous aurions pu.

Nous aurions pu aller voir la mer, le soleil qui y finit sa course, nous serrant l'un contre l'autre, en nous murmurant "Que c'est beau!".
Nous aurions pu grimper sur une falaise, nous extasiant de la poésie du monde à nos pieds, criant notre euphorie face au vent.
Nous aurions pu aller faire un tour de grande roue, manger une gaufre, rire comme des gamins et s'essuyer le sucre glace au coin de la bouche, avant de nous donner un baiser langoureux.
Nous aurions pu prendre la voiture pour aller en ville, et puis finalement, au dernier moment, bifurquer sur l'autoroute jusqu'à Barcelone, rouler toute la nuit, et arriver au petit matin à MontJuïc pour contempler la ville qui se réveille.
Nous aurions pu nous retrouver chez toi, nous étreindre toute la nuit, dans toutes les pièces, ne nous arrêtant que pour parler de la vie, nous raconter nos rêves et nos espoirs.
Nous aurions pu aller diner, quitter la table après l'entrée, trop presser de nous étreindre dans l'embrasure d'une porte, nous laissant envahir par la délicatesse du printemps.
Nous aurions pu partir en weekend dans une ville inconnue, nous baladant main dans la main, nous laissant guider par nos pas, les yeux écarquillés, avide de découverte, goutant toutes les spécialités locales.
Nous aurions pu aller à un concert, chanter à tue tête, danser, sortir un briquet, nous embrasser, et rire, toujours rire.
Nous aurions pu partir à l'aventure à l'autre bout du monde, sentir le soleil sur notre peau, la chaleur de l'eau, et nous faire maintes promesses rien qu'en nous regardant, les yeux dans les yeux.
Nous aurions pu savourer une soirée devant un bon film, sous un plaid et profiter de cette proximité  pour que les choses dégénèrent dans un corps à corps sensuel.
Nous aurions pu boire jusqu'à l'ivresse, avoir la tête qui tourne, le sens de l'équilibre troublé, rire aux éclats en essayant de marcher, et se moquer du monde autour de nous, seuls dans notre bulle. 
Nous aurions pu parler à battons rompu de choses sans importance, avoir des débats stériles, ne pas être d'accord, nous engueuler et finir par nous marrer.
Nous aurions pu faire l'amour, partout, tout le temps, sans horaire fixe, sans lieu déterminé.

Nous aurions pu aller à une fête de village et danser au bal jusqu'à la fin de la fête, on aurait bu de la bière, tu m'aurais fait tournoyé, j'aurais aimé l'instant, et je t'aurais peut-être aimé toi...

Tout ceci n'arrivera pas, pas avec toi en tout cas.
Alors, j'avais promis, pas de larmes. J'ai failli.
Toi aussi tes opportunités t'ont emmené ailleurs.
Moi je reste là. Je me dis qu'il faut que j'arrête d'avoir un cœur d’artichaut, ou de rencontrer des garçons biens avec un timing si peu coopératif.
Il faut que je ne pense qu'à moi, que j'oublie la rencontre, la vie avec quelqu'un.
Je n'ai plus la force d'espérer, et puis plus rien.
Ce n'est la faute de personne, ni la tienne, ni la mienne. J'attends juste de savoir ce que le destin me réserve...il doit avoir un plan pour moi aussi, non?

Alors je suis là, je continue à me débattre avec force, je ne lâcherai rien... et j'espère que mon tour finira par arriver.
Je vais travailler avec acharnement. Je vais l'avoir ma belle vie, il n'y a pas d'autre possibilité!

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dimanche 13 mars 2016

En attendant le soleil levant...

Il est parti depuis quelques jours maintenant, et fait inattendu, il me manque! Qui l'aurait cru, pas moi en tout cas. Je pensais que c'était bien qu'il s'en aille quelques jours après que les choses se soient enflammées entre nous. Je pensais que comme ça je prendrais le temps de prendre mon temps, que je pourrais me concentrer sur le reste de ma vie, sur mes objectifs qui se rapprochent de plus en plus. Je me suis dit que ça m'aiderait à compartimenter mon esprit, que j'allais enfin apprendre à m'organiser, à moins m'emballer.



Et bien, dans un sens, j'y suis arrivée. J'étais terrorisée à l'idée de me plonger dans de mélancoliques pensées ressassant nos moments, dans l'inlassable relecture de nos échanges, dans la projection de ce que lui et moi pourrions devenir, et bien, j'ai effleurée ces états mais n'y ai pas plongé. J'ai réussi à ne pas faire de lui mon centre mais mon très agréable à côté, cet à côté qui me fait sourire, qui est comme un rayon de soleil, chaud et doux sur mon visage à travers la vitre quand il fait froid dehors. Il est une douce présence à laquelle je me surprends à penser plus que je ne le souhaiterais, plus que je ne le devrais, mais avec beaucoup de légèreté, ne sachant pas où je vais. Il me manque mais pas dans la douleur, plutôt dans le doux désir de le retrouver pour reprendre les choses là où nous nous sommes arrêter, n'avançant surtout pas sans lui.

Certains diront que je réfléchis trop, que je devrais me laisser aller à l'affection et aux prémices d'un attachement, de manière naturelle et spontanée. Impossible pour moi. Pourtant j'étais comme ça avant. Mon leitmotive était "advienne que pourra" ou le stéréotypique "mieux vaut vivre de remords que de regrets". Et bien maintenant je suis plutôt régit par "prudence est mère de sureté"...ça craint non? où est donc passé mon côté volcanique et brulant, voire tête brulée? Est-ce la vie qui vous abime et vous laisse d'affreuses séquelles? Peut-on revenir en arrière, fuir ses blessures et revenir à soi? Mais dans le même temps, n'est-on pas censé apprendre de ses erreurs? Encore faudrait-il être sûre de ce qu'il faut en retenir! 



Et puis, il n'écrit plus depuis quelques jours. A-t-il changé d'avis? est-il trop occupé? Peut-on être trop occupé au point de ne pas envoyer un texto, un mail? Si on n'envoie rien, n'est-ce pas parce qu'on ne veut rien envoyer? J'ai décidé de raisonner de façon binaire, sans chercher le pourquoi du comment dans un monceau d'hypothèses fumeuses. Maintenant c'est il a envie ou pas envie, c'est possible ou impossible, je l'aime bien ou je ne l'aime pas du tout, il est normal ou taré. Avant ça aurait été, il a peut-être perdu son téléphone, mais peut-être que s'il fait ça c'est à cause de traumatismes antérieurs, je devrais lui laisser le bénéfice du doute... Non, maintenant je ne trouve plus d'excuses à personne, tu es gentil et respectueux ou tu ne l'es pas. Je tranche dans le vif, je ne me perds plus en de moult hésitations qui à part nourrir mes questionnements intérieurs d'angoisses, de perte de sang froid, et d'extrapolations, ne me mènent à rien. 
Alors, j'essaye d'attendre sans me morfondre, dans le calme, parce que je n'ai pas le temps pour être fragile de toute façon. Surtout ni l'envie de douter, ni la force d'avoir mal. Je m'évade ailleurs et autrement, je ne dialogue plus avec des substituts, je lis, je mate des films et je vois les gens, les autres, mes amis fidèles qui me font rire, qui ne me jugent pas, qui me comprennent ou pas, mais qui sont là. Je ris, je sors, je bois, je danse... Le reste, je le jette loin de moi et pour toujours. Je n'accorderais plus une pensée, plus une ligne, plus un mot à ceux qui n'en valent pas la peine. A ceux qui me font mal sciemment, je tire la langue. Je me dis que je ne vaux pas rien même si certain le pense, je m'en contre fou. Je mérite amour et respect, comme chacun le mérite, même les tordus, sauf les méchants.

Je voudrais une fin heureuse, de jolies retrouvailles, peut-être un "tu m'as manqué" de sa part. Je voudrais qu'il m'appelle à peine le pied posé en France, qu'il m'invite à diner, qu'il me raconte son voyage, qu'il diffuse sa bonne humeur et son sourire, qu'il éclaire mon visage. Je voudrais encore de la simplicité, je voudrais qu'il me rassure comme il sait si bien le faire, sans s'en douter. Mais je ne veux pas trop y penser non plus, j'ai trop peur d'être déçue, encore. Alors je vais attendre que le soleil se lève, qu'il revienne du pays du soleil levant, enthousiaste et présent. Et promis, si ce n'est pas lui, s'il s'en moque finalement, aucune de mes larmes ne coulera. Je refuse d'être triste pour qui que se soit. Mon cœur restera passionné, entier, pour l'art, pour la vie, pour mon esprit et sa nourriture, mais pour l'instant prudent avec les garçons. J'ai encore besoin de temps avant de foncer tête baissée dans une histoire mon petit cœur brisé sous le bras... à moins qu'il est des pouvoirs magiques de guérison, qui sait?

En tout cas, il vient d'écrire... plutôt bon signe le texto made in China!


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mardi 1 mars 2016

Rien de nouveau sous le soleil?

Comme une envie de hurler, mais rien ne sort. Putain d’inaction chronique, putain de paralysie du faire, de la mise en route. Je suis là, assise sur mon lit, je pense à toi, et puis à lui et vaguement aux autres. Ils ne sont que des distractions en t'attendant, toi qui ne reviendras jamais. Parti ailleurs, vers une vie à laquelle tu accordes l'entièreté de ton esprit, sans distraction, porté par ton incroyable intelligence. Et tu as raison.

Et moi? Et bien moi, j'attends, juste posée là, incapable de me concentrer, luttant pour ne pas sombrer...encore! Si j'étais moins impatiente, tout serait plus simple. Putains d'exigences.
Et puis finalement, est-ce toi le problème? C'est plutôt moi en fait, moi et ce que je fais de tout ça, moi et ma peur de l'échec que je transforme en crise d'adolescence. J'écoute #Fauve, je me dis que la vie est profonde, que le monde part en couille, qu'il faut que je résiste par tous les moyens, que le monde s'auto-complique. Tu me demanderais d'ailleurs de préciser mes termes. Et ma sensibilité à fleur de peau se repait de tout ça, me plongeant dans une douce, sombre et mélancolique inaction.
Je suis une faille qui ne croit pas à ce qu'elle est et fait tout pour être ce qu'elle ressent être...mais n'est pas. Je voudrais être une version simplifiée de moi-même, une chose qui avance, qui se focalise, qui omet les détails et le reste, qui ne pense plus ni à toi, ni à lui, et ne s'amuse plus des autres, qui se rappelle son objectif. Ma gorge se sert, je suis loin de moi, loin de toi et pour toujours. 

Mais alors, rien n'a changé?

Non, tout à changé. Je me réveille c'est tout. Je suis en colère, contre moi d'abord, contre l'autre, un peu contre les autres avec lesquels je joue... et un peu contre toi. Même si tu m'as rendu à nouveau vivante en très peu de temps, une parenthèse temporelle d'une richesse incroyable, une distorsion qui m'a fait tournoyer. Je voudrais que tous me voient comme tu m'as vu, comme tu m'as dit que tu me voyais. Avec toi je me suis sentie particulière, belle, désirable, désirée, sulfureuse, douce, coquine, intelligente, drôle et un peu chiante et inquiète, comme toujours.
Avec toi j'ai eu le souffle coupé, et en même temps j'ai réussi à respirer à plein poumons, à nouveau. Avec toi, j'ai chantonné sans m'en rendre compte. Avec toi, je me suis dit que finalement la vie était belle.


Voilà, c'est ça qu'il faut que je retienne surtout. Je reprends vie grâce à toi, pas avec toi, mais ça vaut mieux. Le timing c'est important, et nous n'y étions pas! De toute façon, avec toi, j'aurais été incapable de légèreté, et j'ai des objectifs qui me contraignent à éviter toutes passions dévorantes.
Alors, merci à toi, au revoir à l'autre, et merci à lui qui est si gentil et patient, et qui m'apprend à l'être malgré moi. Il va bien s'occuper de moi, au moins pendant un temps, on verra bien où ça nous emmènera. Il me fait du bien, il me fait rire, il me donne envie d'être sensuelle, brillante et rigolote. Il est très beau.

Si un jour tu reviens, fais ça de façon spectaculaire, ne me laisse pas le choix. En attendant, au revoir, sinon, bonne route. Je vais tenter de revenir à ma vie, à un égoïsme positif qui me conservera jusqu'à la fin de ma reconstruction. Je suis si impatiente, comme toujours, incapable de me laisser aller dans la vie avec une simple délectation, sans folie, sans l'exubérance et l'avidité de sensations fortes qui me caractérisent.

Il nous a dit de nous mobiliser sans stress, si j'essayais?

Bien à toi, bien à lui, bien à moi...


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